Le jour où je verrai mes 100 ans


Un après-midi d’un 18 mai, je serai assise à la table de la cuisine, la même qui vécue des centaines de souper entourée d’amis et de famille.  Les rayons de soleil se faufilent entre les rideaux, le souper est en train de cuire et l’odeur est ennivrante.

Les rires de mes petits enfants fusent aux quatre coins de la maison, une partie de cache cache se dispute et la compétition est forte.

Mon plus vieux, Ernest, me donne un gros bec sur la joue pendant que les autres (Béatrice, Théodule, Joséphine et les petits enfants) entâment en coeur le «Bonne Fête» habituel portant un gâteau, débordant de chandelles, à bout de bras.

Je souris et mes joues plissées s’empourprent comme si j’avais encore 20 ans.  Derrière mes yeux pétillants, les souvenirs d’une vie bien remplie et vécue avec aucuns regrets défilent dans ma mémoire encore intacte.

Je prends un grand souffle, du mieux que je peux, et souffle les bougies en prenant soin de formuler un souhait.  Les applaudissements déferlent de toute part et je les regarde en disant Merci à la vie.

Tous ceux qui sont les plus chers à mes yeux s’attablent pour un succulent festin, la belle vaisselle tinte, les voix s’entremèlent tellement tout le monde jacasse en même temps (c’est quand même mes enfants…ils me ressemblent).  On termine le repas avec une round de shooter de téquila (ben quoi, j’ai 100 ans on s’en fou!) et un gros cigare (le mot cancer du poumon je m’en calice j’ai 100 ans)

Les cadeaux émergent de la petite chambre du fond où ils étaient tous entassés en attendant le moment propice.

– un nouveau livre de mon auteur préféré

– une carte fait à la main de la petite dernière

– un carnet en cuir pour continuer à écrire mes mémoires

– un cd vintage de Nirvana (ben quoi!  j’suis peut-être vieille mais c’est encore moi)

Je suis heureuse, que peut-on demander de plus ?  Après avoir pris le thé, ils partent tous les uns après les autres en me disant au revoir et en promettant de passer me voir dans les jours qui suivent.

Je sors prendre l’air, le vent souffle en provenance de la mer et envahie l’atmosphère d’une odeur qui me rappelle mes longues journées à la plage.  Je vais prendre une marche dans mon jardin qui commence tranquillement à prendre forme avec l’été qui approche.

Je passe ensuite quelques heures à lire bien emmitouflée sur le fauteuil de la galerie, Picasso junior le huitième s’allonge à mes pieds en ronronnant.

Lorsque la fatigue commence à se faire sentir, j’entre à l’intérieur, fais un dernier tour de ma maison et monte à l’étage pour tomber dans les bras de Morphé.

Je ferme les yeux pour la dernière fois en rêvant à toi.

Nadz

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