La mémoire du papier


Je ne sais pas si c’est parce que je vieillis mais on dirait qu’il y a des choses traditionnelles qui refont surface dans ma vie.  Malgré le fait que la technologie de l’internet est disponible pour l’envoie de carte de Noël, je préfère encore de loin envoyer et recevoir de vraies cartes écrites à la main (ou à la mitaine).

Pour moi, il y a de quoi de plus personnel qui entoure la réception d’une carte écrite à la main.  On peut y sentir avec le bout des doigts les reliefs de l’écriture à travers le papier.  Cet art en voie d’extinction, je ne sais pas pour vous, mais moi ça me rends un peu nostalgique.

Je me rappelle encore, avant la venu des textos et autres bidules, on s’écrivait des petits mots ou lettres entre copains.  Lors de mon dernier déménagement, j’en ai fait la découverte, comme une archéologue faisant l’exploit de déterrer de vieux ossements.  Je me suis assise dans un coin un peu plus éclairé du sous-sol chez mes parents et je suis retombée en enfance.

A défaut de pouvoir les emporter avec moi, manque de place, de temps, et en plus ça sentait le fond de cave humide, j’ai tout de même prise le temps de tous les lire avant de m’en départir.  Une à une, les lettres de mes meilleures copines, copains, amoureux, ont défilé devant mes yeux ahuris.  Les souvenirs sont revenus en vague, me faisant parfois sourire, rire, et même à quelques reprises embuer mes yeux.  C’était, en quelque sorte, un dernier au revoir à la jeune fille que j’étais et à une période de ma vie.

Bien avant la naissance de mon blogue, j’écrivais tout dans un journal intime.  J’en ai passé des soirées à noircir des pages, à vomir mes émotions sur papier.  Je les ai tous conservés précieusement dans un fond de tiroir.  Du petit journal rose avec un cadenas (on croyait dur comme fer que ce minuscule cadenas en plastique pouvait nous garantir un secret bien gardé) au journal plus noir de mon adolescence.

Même avant que je pouvais écrire, c’est ma mère qui écrivait pour moi.  On s’asseyait ensemble sur un coin de mon lit baldaquin et elle me demandait de lui raconter ma journée.  Elle notait précieusement les détails, jusqu’au jour où j’ai apprise à écrire et que c’est ma main d’écriture qui remplaca la sienne, comme si on se tenait les mains.  Pour moi ces notes sont plus précieuses que l’or.

Je vous avoue que j’écris encore dans mon journal quand j’en ressens le besoin.  C’est comme un service de psy mais gratos! Ça te coûte pas une cenne pis t’as pas quelqu’un qui te regarde dans le blanc des yeux et se demande «Comment ça se fait qu’elle est folle de même celle-là?» LOL Je ne sais pas, il y a quelque chose de libérateur quand tu jettes sans trop penser ou analyser toutes tes pensées sur papier.  Maudit que ça fait du bien!

Quand j’ai relu mes vieux journaux intime de mon adolescence, je me suis aperçue que là aussi j’inscrivais la musique que j’écoutais au même moment de mon écriture.  La preuve que l’on vieillit mais on ne change pas tant que ça !  Je fais la même chose avec mon blogue mais à travers youtube.

A travers mes mémoires, à travers toutes ces pages noircies, à travers tous ces moments écrits…il y aura toujours une petite partie de moi.

Nadz

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