Marée montante


Je suis allée marcher sur le bord de la mer aujourd’hui.  J’avais besoin de changer d’air et le soleil se pointait dans le ciel d’automne.  Seule, mes vieux sneakers dans le sable, les cheveux dans le vent, la gorge bien emmitouflée dans un gros foulard.  Beaucoup de choses différentes se bousculent dans ma vie en ce moment et à défaut d’en parler à personne je prends de longues marches, je respire l’air frais et j’essaie d’entendre ma petite voix intérieure.

Il faisait beau mais le vent était frais, les goélands prenaient leurs bains en faisant claquer leurs ailes dans l’océan, deux autres oiseaux au loin se faisaient la cour.  Mes pas marquaient le sable vierge.  J’étais seule, je suis seule.  J’essaie trop de penser et rien ne vient.  Ma tête est vide de trop d’encombrements.  Elle bouillonne…littéralement!

J’essaie de ne pas m’en faire…trop, mais aussitôt que j’ai fini de respirer, tout me revient en pleine face comme une vague en marée haute.

Je me dis que l’univers à déjà un plan déjà tout tracé pour moi et que je n’ai qu’à m’y laissé bercer.  Pourtant, souvent, j’ai l’impression que l’univers m’a tout simplement oublié dans sa vaste étendue et que je ne suis qu’un seul petit grain de sable qui n’arrive simplement pas à s’accrocher.  Je glisse entre les doigts inconnus à la recherche de qui je suis, de qui je dois être, de qui je deviendrai.

Comme le soleil d’automne, parfois il apparaît mais il est aussitôt remplacé par la pluie.  L’orage me ronge le corps, la rosée m’embrume l’esprit.

Je regarde les gens autour de moi qui s’activent comme s’ils sont programmés robotiquement et j’attends ma propre décharge électrique qui me remettra en fonction d’opération.  Je refuse d’avoir une date d’expiration, je refuse de simplement exister.  Je souffre du désir de vivre.

Je me dis si seulement j’aurais plus d’une vie, je pourrais en fucker quelques-unes avant de trouver ma voix.  Là j’ai une chance, un laissé passer, une clé, un passé GO et récolter votre argent, what if que, y’as beaucoup plus que tout ça ?

Quel est la dernière fois que vous avez écouté votre petite voix ?  Pas juste entendue et lui dire gentillement, tais-toi t’as pas d’allure, mais vraiment écouté ?

Il y a tous en nous cette petite voix qui nous invite à lui tendre l’oreille, la plupart du temps ce qu’elle nous dit nous paraît tout à fait ridicule.  Pourtant, les moments de bonheur pur se produisent seulement en symbiose avec elle.

Je passe ma langue sur mes lèvres, elles goûtent le sel marin qui se colle à ma peau.  Un bruit d’auto au loin me ramène à la réalité.  Je suis encore seule sur cette plage.  Un si bel endroit pour marcher et laisser voguer ses pensées.  Pourtant, les gens de l’endroit n’y viennent jamais, préférant le bruit des machines aux bruits du vent.

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Nadz

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Annie-Claude Légère dit :

    Est-ce que je reconnais la plage de l’Église? C’est magnifique et tellement calme…j’essaie d’y aller lors de mes visites à Caraquet. Tellement ressourçant et thérapeutique! Profites-en bien!

    1. Non ce n’est pas cette plage mais j’avoue qu’elle est belle aussi 🙂 Merci de me lire, j’apprécie 🙂

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