Simplicité et froideur


La proscratination est un sport qui se pratique à froid. Surtout en plein mois de janvier dans une petite ville sur le bord de la mer avec un vent de travers constant, de la statique plein les cheveux et l’habit de skidoo et les bottes de pouèle, la mode dernier cri quoi! Le matin, je me réveille dans la maison et je dois bien passer 20 minutes à regarder le plafond pour me convaincre de descendre au sous-sol me geler le cul (et les pieds, orteils, jambes, fesses, dos, bras, mains…bref le reste du corps tout entier) et starter ma fournaise.

En attendant que le tout démarre et que j’entends le ronronnement réconfortant dans le fin fond du sous-sol, je sors mon pain gelé des armoires, le beurre gelé du frigo et je me réchauffe les mains sur le dessus du toaster. Je fais du sur place, comme si je me prépare à courir un marathon, mais tout ce que je me prépare à faire, c’est de déjeuner. Je me dépêche a beurrer mes toasts avant qu’elles ne regèlent et je prends soin de ne pas licher le couteau juste au cas où ma langue y resterait collée.

Picasso (mon gros minet artistique) me regarde avec ses deux yeux collés dans son manteau de fourrure et repart se coucher sur son coin de sofa. Il n’en a rien à foutre du froid lui! Pour un instant, j’aimerais être un chat.

C’est quoi s’te son là ? Fuck le téléphone…mais yé où ? Bon je l’ai oublié en haut hier soir, en tendant l’oreille pour le localiser, la fournaise qui starte et enterre complètement le son du téléphone. J’me garoche dans les escaliers, direction deuxième étage, à la recherche du téléphone en même temps que le répondeur s’empresse d’y répondre à ma place.

Bonjour, vous avez rejoins Nadz. Merci de laisser votre mess.……….ALLOOOO !!! je cris dans le téléphone toute essouflée de ma course contre la montre, bon, personne à l’autre bout du fil et je n’ai pas l’afficheur. Colisse!

Je retourne à mes toasts maintenant secs et frettes et décide de me faire un thé pour me réchauffer le palais. Je recommence mon sur place mais cette fois en compagnie du rond de poêle. À ce rythme, je n’aurai peut-être pas besoin de me taper mon heure de cardio matinal. Un deux trois, un deux trois, un deux trois, font mes pieds hypothermiques sur la patinoire de la cuisine.

La bouilloire se met a siffler, la fournaise qui ronronne, le téléphone qui se remet a sonner, et mon cellulaire qui vibre et bip, Picasso qui miaule parce qu’il n’aime pas le sifflement.

ALLO, ah c’est toi! Tu vas bien ? Tu m’avais appelé tout à l’heure ?

Un matin typique chez Nadz…

(ou l’art d’écrire pour ne rien dire!)

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