Allo! l’Amour?


Je me souviens encore de ma première Saint-Valentin, à l’école, probablement en première année où on avait chacun un gros coeur en carton rouge avec notre nom d’inscrit dessus.  Le matin de la Saint-Valentin, on arrivait à l’école, le sac à dos rempli de petits cartons et pour ma part l’estomac débordant de papillons.   La veille, j’avais choisie avec soin chaques petits valentins en papier et y avait inscrit le nom de mes meilleures amies et surtout du gars, celui que je trouvais de mon goût et que je voulais secrètement qu’il me tienne la main à la récréation.

Toute la classe d’une trentaine d’élèves se levait au même moment pour la distribution des valentins dans chacunes des enveloppes rouges.  Il fallait attendre touououououte la journée pour emporter ce coeur bombé et le mien palpitant à la maison et le déballé.  Déjà à cet âge, la romantêteuse en moi souhaitait recevoir LA grande déclaration de mon amour secret écrite en caractère gras et tremblant sur un petit valentin en papier qui demandait bêtement si je voulais être sienne.

Mon petit coeur de fille de 5, 6 ans fût déçu de ne pas avoir reçu de valentin de lui, le petit gars de ma vie.  C’était, je crois, mon premier, et non le dernier, échec amoureux de ma vie.

L’année d’après, je me rapelle encore la grande demande officielle d’un autre garçon de ma classe.  Nous étions assis, tous les deux les derniers des rangées de pupitres, nos grandes jambes l’obligeant car nous bloquions la vue de tous.  Il se pencha à l’oreille que je lui tendis en souriant et il me murmura…Nadz, tu veux être ma blonde?  Et à moi de lui répondre, sans penser, sans complications, le grand sourire de palettes en forme de chicklets (qui fût plus tard arrangé par des broches), un bon gros et soutenu OK qui fît presque sursauter toute la classe.  Le deal était fait, on était maintenant un couple.  Pas plus compliqué que ça.

Ah l’amour qui se résumait à devenir le partenaire numéro un pour les jeux dans la cour de récréation, à échanger des trucs pour construire des cabanes dans les arbres et à partager le même banc d’autobus.

Plus tard, c’est là que l’amour se complique un peu.  Quand les baisers s’en mêlent et on prends conscience de nos corps.  Qu’est-ce qu’il pensera si je porte ce chandail au lieu de celui-là?  Pourquoi j’ai pas de seins et elle en a ?

Ensuite vient la toute première fois, celle avec qui le garçon est vraiment LE spécial!  Que tu te promènes avec des coeurs pleins les yeux et l’amour plein les culottes.  Jamais il n’en voudra une autre que toi et les mots Je t’aime traversent clandestinement ta bouche.  Mais il en veut toujours plus, il vient de découvrir le bonheur et le cherche pas juste avec toi.

Les partys s’en mêlent, les liaisons s’emmêlent.  Le geste amoureux consiste maintenant à partager la même cigarette et à boire dans la même bouteille de bière.

La première vraie peine d’amour te frappe en cinquième vitesse.  Celle où tu pleures toutes les larmes de ton corps en espérant qu’il reviendra en rampant.  Celle où tu t’enfermes dans ta chambre à écouter des chansons d’amour sur repeat et écrire dans ton journal que tu le déteste.

La vie suit son cours, l’adolescente danse sur les pistes, serre des coeurs, cherche une main.  Le jeu de l’amour est commencé et chacun prend son pari.  On ne choisi plus nos partenaires en fonction de leurs habiletés à nous compléter mais surtout à leur quota de beauté et de conquêtes.  On veut le plus populaire, celui en vogue, le char de course, le trophé.  On l’obtient, on s’emmerde, on se demande pourquoi on le voulait finalement et c’est à notre tour de lui causer sa première peine d’amour.

L’adolescence fait place à la maturité et l’adulte jaillit.  Le jeu de l’amour se complique encore une fois de plus, maintenant les responsabilités s’y rattachent lourdement.  On peut aimer sans le vouloir, on peut aimer sans le savoir, on peut aimer sans le pouvoir, mais il faudra aimer avec probation d’un futur amalgamé.

L’amour se déguise et s’envenime.  Mais dans le fond, soyons honnête, le désir d’être aimer reste peu importe l’âge.  C’est un langage universel.  On peut aimer sans se comprendre.  On peut aimer d’un seul regard.  On peut aimer un instant ou une vie.  On peut aimer un moment dans le temps.  On peut aimer aimer.  On peut aimer un inconnu.  On peut aimer pour rien.  On peut aimer plus d’un à la fois.  On peut aimer de différentes façons pour différentes raisons.

Pour cette Saint-Valentin je vous souhaite de vous aimez en premier afin de pouvoir mieux en aimer un/une autre ensuite.  Je vous souhaite de tenir la main de votre amoureux/se dans la cour de récréation de votre vie.   De vous tenir loin des relations compliquées et de ne pas avoir à énumérer milles et une raison d’être ensemble autre que cette personne vous pousse à vous dépasser et que vous échangeriez tout ce dont vous avez pour ne passer que le reste de votre vie à rire à ses côtés.

Bonne Saint-Valentin

Mouah

Nadz

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. fredofoodie dit :

    Super bon blog Nadz! Loved it! C’est drôle, l’histoire au début me rappelle mes jeunes années à moi aussi… 😉

    1. Merci de lire 🙂

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