Contrebande


Qu’est-ce que les autres vont penser? Cette phrase semble être utilisée à profusion et peut-être que je me trompe mais plus la ville est petite et plus les « autres » prennent de l’importance. Ma question est la suivante…c’est qui les fameux « autres »?

Quand vient le temps où notre vie devient celle des autres? Quand le regard des autres devient si insistant qu’on se doit d’orner nos fenêtres de rideaux, de toujours coordonner nos vêtements afin de ne pas trop les vexer, de ne pas sortir de la maison sans être maquillé, de ne pas dire trop fort ce que l’on pense tout bas?

Je suis encore à la recherche des « fameux autres ». Je croise à chaque jour le regard de plein de gens, parfois familiers, parfois inconnus, et j’y retiens preque mon souffle, au cas où se serait « l’autre ». Jme surprend à tenter de l’imaginer « l’autre ». Moi jsuis certaine y’a un grand nez pour se le fourrer partout, des grandes oreilles pour tout entendre et surtout de grand yeux noirs sans émotions et une grande gueule pour tout aller raconter aux autres « autres ».

Ça doit être un genre de secte secrète qui se rencontre à tous les lundis soirs dans un sous-sol mal éclairé qui sent l’humidité et les boules à mîtes. Ils y viennent tous et chacuns armés de leurs gros carnets noirs en cuir afin de présenter chacuns leurs tours les condamnés de la semaine. Ceux qui ont osés être différents, qui n’ont pas marchés sur la ligne droite déjà toute tracée, qui ont sautés la clôture.

J’aimerais bien, une seule fois, m’y faufiler, dans ce sous-sol. Je prendrais le piedestal et je les enverrais tous chier à pleins poumons avant de voler leurs calepins et de m’enfuir en prenant mes jambes à mon cou.

J’exposerai enfin sur la place publique tous ces carnets d’un noir reluisant. Tous les non « autres » oseraient peut-être finalement sortir de leurs routines de terreur. Ils oublieraient peut-être même de se coiffer tant l’occasion serait spéciale.

À trois, le compte à rebours serait terminé, et d’un seul grand coup, la première page de tous les calepins s’ouvriraient à l’unisson.

Gros « close up » sur la multitude de pages blanches.

Enfin les gens prendraient un grand souffle en réalisant que les « autres » n’ont jamais existés. Ils retourneraient tous paisiblement à la maison, fermeraient leurs rideaux et continueraient à chuchoter.

Nadz

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. Melanie dit :

    C’est pas un sous-sol pleins de moisis les lundis, c’est dans un beau local bien éclairé avec l’air climatisé et entouré de sucreries, ça s’appel le Tim Horton et ça a lieu 7 jours sur 7 😉

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