Levons les voiles


Cette année de congé forcé, avec le recul, je suis bien contente de l’avoir survécue.  J’ai littérallement eu la chance de prendre un pas en arrière et de regarder le reste des gens courir à en perdre haleine.  Je suis passée par toute la gamme d’émotion afin de me rendre où j’en suis aujourd’hui.

Au début, le premier mois, c’était le chaos total.  Ma vie entière semblait suspendue à un fil et je me débattais avec toutes les cellules de mon corps pour m’y accrocher, ou m’y pendre, selon les vagues de mes humeurs.  La voie facile semblait parfois si délicieuse que souvent je me sentait dépasser par les événements.  Moi, la control freak, incapable de contrôler quoi que ce soit, l’enfer!  J’avais réellement le sentiment que mon corps se rebellait contre moi-même.  Que faire dans une telle situation sauf s’arrêter et se regarder en face?

Par la suite, la série de regret s’est mis à défiler comme un mauvais téléroman cheap.  Je n’aurai peut-être jamais d’enfants, possible que demain je ne pourrai plus lire et que les mots ne seront plus que noir sur noir, je n’ai pas encore même eu la chance de voyager, qu’est-ce que j’ai fais de ma vie jusqu’à présent à part travailler ?  Est-ce que toutes les personnes que j’aime et j’apprécie le savent ?  Chaque soir je me couchais, seule ou accompagnée, avec comme dernière pensée avant de m’évader au pays des rêves et de la santé retrouvée  »Mon Dieu » faites que je me réveille demain matin!  (pas que toute cette histoire m’a fait croire en Dieu, mais ça c’est un tout autre blogue et débat entier)

Assez rapidement vinrent les tests à répétition de mon corps, prise de sang digne des plus juteux bains de sang, scans multiples, ponction lombaire.  De longues journées couchées sur le sofa à écouter la télé en boucle, à dormir et pleurer pour tout, pour rien.  Vivre dans le doute et l’incertitude, avec la seule chose à faire, à part t’imaginer les pires scénarios, est de penser et de faire des listes de choses à faire si le verdict s’avère fatal.

Le moral à son plus bas, les idées noires, rien à faire sauf attendre sans sombrer dans la folie.

Un exploit de tenter d’arrêter un hamster qui à l’habitude de faire un million de choses à la fois et de travailler 25 heures sur 24.  J’ai encore de la difficulté à expliquer pourquoi, notre génération, on a tellement de difficulté à simplement rien faire.  L’accomplissement de soi est devenu un fléau à mon avis.  Les gens se justifie et se valorise grâce à leur travail.  Bizarre.  Je vous garantie qu’une bonne grosse dose de maladie à vite fait de te replacer les valeurs à la bonne place.  Si vous travailler pour un employeur quelconque, ce n’est pas vous qui avez réellement le pouvoir sur votre vie mais bien eux et c’est eux qui décide à tout moment que votre parcours se termine.  Si vous ne pourriez pas continuer le même train de vie demain si la porte vous était montrée, soyez certain que votre vie actuelle n’est qu’une illusion.  L’argent aussi, ça rend malade.  Plus on en a, plus on en veut ça l’air.

J’ai tenter de faire «la petite boss» avec la maladie, ça n’a pas fonctionné.  Quand elle décide que tout s’arrête pour toi et que tu dois toi aussi t’arrêter, y’a pas grand chose à faire sauf accepter et lâcher prise.

Je crois que c’est exactement à ce moment que le vent s’est mis à tourner.  Quand j’me suis dis, ok j’accepte et j’arrête de tenter de nager à contre courant.  Il arrivera ce qui doit arriver de toute façon.

Plusieurs facteurs ont possiblement causé mon arrêt de travail mais maintenant je l’appellerais plutôt arrêt de vie.  J’ai perdue la vue en partie d’un œil et plusieurs autres symptômes ont commencés par la suite à s’ajouter au party!  Maux de cœur, maux de tête intensif, étourdissements soudain, mélange des lettres lorsque j’écrivais, manque de coordination entre mes jambes qui décident d’avancer ou non, y’en avait décidément pour tous les goûts.

C’est bien possible que ce soit la nouvelle pilule contraceptive que j’ingurgitais religieusement à tous les matins, possible que ce soit une prise de poids, le mélange des deux, Possible aussi que ce soit une forme de lupus, une forme de sclérose en plaque, trop de liquide crânien.  La liste de possibilités s’agrandissait de jour en jour mais une chose était certaine, mon nerf optique droit était bel et bien enflé à un tel point qu’il ressemblait à un œuf qu’on venait de lancer au mur et que mon nerf optique gauche tentait lui aussi de rejoindre la fête.

Une fois la noirceur de mes jours bien en place, j’ai prise une décision, la seule maintenant que je crois être la bonne.  Me battre.

Depuis, le 18 juin 2012, ma vie à complètement changée.  Voici ce que j’en ai apprise et que j’espère pourra vous aider vous aussi à faire des choix de vie sain.

– Je ne prendrai plus jamais la pilule contraceptive sous aucune condition.

– Je m’alimente sainement, j’ai le contrôle de ce que je mange et je compte bien l’utiliser au maximum.

– Je vais retrouver un poids santé et y demeurer pour le restant de mes jours.  Fini les excuses!

– Je dors quand j’en ai besoin peu importe l’heure du jour.

– Je fais de l’exercice à tous les jours que je le veuille ou non.

– Je médite à tous les jours.

– Je m’entoure de gens que j’aime et qui m’aime.

– Je dis non quand j’en ai envie.

– Je prends le temps de prendre le temps.

– Je ne me sens plus coupable de me faire plaisir.

– J’essaie de ne pas juger les autres.

– Je souris le plus possible et les fous rires sont aussi les bienvenus 🙂

– Je dis merci à la vie.

– Je pense avant de faire un achat compulsif.  Et je jette ou donne ce dont je ne veux plus.

– Je prends du soleil et du grand air frais.

– J’essaie de contrôler mes pensées négatives et de les remplacer par du positif.

– Le plus possible je ne fais pas ce qui ne me tente pas.

– Je regarde les gens dans les yeux.

– J’assume mes erreurs et me félicite de mes accomplissements.

– Je jardine.

– Je fais minimum 30 minutes de yoga à tous les jours.

Je ne prétends aucunement connaître les secrets de la vie mais je suis certaine d’une chose.  Je ne suis plus la même femme que l’année dernière.  Je suis plus sereine et je me connais davantage.  Je sais aussi qu’il n’est jamais trop tard pour incorporer de bonnes habitudes de vie à son quotidien et que 15 minutes de silence par jour ça peut faire un bien immense.

Dans le fond, notre vie à tous ne tiens qu’à un fil.  Il n’en tient qu’à nous de s’y agripper et d’y faire la plus belle des arabesques 🙂

Je ne sais pas encore si je vais guérir complètement ou que j’en ressentirai toujours les symptômes.  Je ne sais pas non plus où je serai l’année prochaine ou celle d’après.  Tout ce que je sais c’est que là, tout suite, en ce moment, je suis heureuse et c’est tout ce qui compte.

Nadz

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. maryparfait dit :

    Tiens, si un jour, entre le plaisir de rien faire, et l’envie de flâner tu as du temps 😉 Je conseille ça:

    (avec toute la valeur qu’un conseil d’un parfait inconnu peut avoir, soit dit en passant…)

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