Bel automne


Depuis que je suis déménagé à la campagne.  Ok quelques-uns appelle encore ça la ville je ne veux pas vous vexer mais pour moi, mon opinion personnelle c’est la campagne.  L’automne pour moi n’est plus synonyme d’un crémeux pumpkin spice latte au Starbucks, de séances de magasinage intensif pour revamper ma garde-robe changeante avec les saisons.  Me semble je l’écris et pourtant ça ne fait pas si longtemps que ça mais pour moi ça parait une toute autre vie, un siècle passé, une ère terminée.

L’automne dans mon ancienne vie de  »socialite urbaine » se résumait à de grandes marches au parc de la ville (si je pouvais trouver 5 minutes pour moi), à dépoussiérer mes calorifères pour me chauffer les orteils, la fin des terrasses et des bières blondes pour le retour aux sources, le bar mal éclairé avec une Guiness mousseuse à la main.  Les sorties au cinéma plus fréquentes, les longues soirées au Chapters recroquevillé entre deux rangées de bestsellers, le retour à mon abonnement au gym et des horaires 9 à 5 avec de l’overtime pour rattraper les après-midis parties plus tôt pour profiter du soleil.  Le retour du coat check dans les discothèques et des soirées grelottantes à attendre l’ost.. de taxi dans ma mini-jupe.

Bref, une autre vie.

Mon retour à ma petite ville natale, aurait pu se faire sans grand dérangement mais j’en ai voulu autrement.  J’aurais pu continuer ma vie de femme de ville et me péter les bretelles en regardant les gens de haut, j’aurais pu continuer à me vêtir en guidoune, euh en femme d’affaire bien établie, j’aurais pu continuer ma vie de course contre la montre interminable.  J’aurais pu aussi me louer un petit appartement chic tout inclus qui aurait contribué à ma vie de femme de la ville.  Mais non…j’avais soif pour autre chose qu’une drink dans un happy hour juché sur mes talons haut de 4 pouces.

Alors j’ai joué le tout pour le tout.  J’ai voulu découvrir autre chose.  Je me suis dite pour me rassurer dans mes moments de doute, Ben si ça marche pas j’ai juste à y retourner à la ville, au moins j’aurais essayé!

Mon automne maintenant rime avec bois de chauffage, soirée tranquille à la maison, faire provision de bouquins que je vais lire en pyjama laid bien à plat sur mon sofa.  Les corvées, ben peut-être pas corvée parce que c’est un mot qui sonne plate, plutôt les préparations que la saison d’automne emporte avec elle sont à milles lieux de ma vie d’autrefois.  Ici, dans ma maison vieille de plus d’un siècle, les murs craquent au gré des vents marins et il fait bon s’y barricader l’hiver près du feu.  La liste est longue des choses à faire avant l’arrivée de la première neige mais je sais pas, ça me fait du bien.

Le jardin qui m’a donné tant de légumes cet été est prêt à se faire brasser une dernière fois avant l’hiver, le bois que j’ai fendu la fin de semaine dernière et qui décore ma cour arrière devra être ramassé au sous-sol, le compost que j’ai fais devra être éparpillé dans mon jardin avant le premier grand gel, le hamac en dessous du pommier sera remisé jusqu’au printemps prochain.

Je me sens chanceuse de vivre ma petite vie à la campagne.  Malgré que parfois la nostalgie me prend par surprise et que la ville m’appelle, il me suffit de mettre mes espadrilles, de m’enrouler dans mon gros foulard et d’aller dehors respirer l’air pour que je me sens chanceuse.  Au lieu d’entendre le gros traffic du highway pas loin, j’entends simplement le cri du goéland qui me regarde du haut de ma vieille shed à bois et je me sens bien.

Nadz

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