Moment d’humanité


On entend souvent l’expression  »big boys don’t cry ».  Ça l’air qu’un homme qui pleure c’est pas un vrai homme.  Qu’un homme qui montre trop ses émotions c’est un homme rose.  Moi je pense que l’on peut pousser un peu plus loin cette expression.  Y’a pas juste les hommes qui ne doivent pas pleurer de nos jours, ça l’air que  »big girls don’t cry » non plus!

Je dirais même plus,  »big everybody don’t cry ».  Parce que ça l’air que montrer nos émotions ce n’est pas brave, courageux, normal.

Pour la plus grande partie de ma vie, j’étais l’experte en dissimulation d’émotions.  Je n’ai jamais travaillé en construction mais j’peux vous garantir que mon mur que j’avais bâtit moi-même tout autour de ma personne était solide, étanche et au niveau.  Y’avais pas meilleure architecte que moi, j’avais suivi tous les plans à la lettre.  Mon mur était inébranlable, édifié grâce à chaque larme retenue, à toutes les expirations avalées, à chaque fois d’avoir dit oui quand je voulais dire non, à chaque sourire dissimulant un grognement, à chaque fois que je restais muette au lieu de m’affirmer, à chaque fois que je répondais oui je vais bien quand j’avais eu une journée de marde.  Bref, je faisais comme tout le monde.

On se construit de grosses forteresses émotionnelles et on s’y enferme à l’intérieur de peur que quelqu’un … god forbide…s’aperçoive de nos faiblesses, de nos défauts, de notre vulnérabilité du fait qu’on soit dans le fond tous….humain!

Après on se demande pourquoi il y a tant de burn out, de gens qui  »pètent au frette », de maux de toutes sortes.  Parce que, je déteste vous le dire comme ça mais, la plupart du temps on est tous superficiel, fake, lâche.

Ben oui, j’viens de le dire, et je m’inclus humblement dans la gang de lâche.  On préfère les apparences, être un tuff, un superhéros, un  »pas tuable ».  On se vante de nos 50 heures par semaines, de nos one night stand sans émotions, de nos tonnes d’amis virtuels, d’être toujours de bonne humeur, d’être la personne qui est toujours là.

Y’a déjà quelques années, j’ai commencé à suffoquer dans mon château, j’ai toujours été claustrophobe, ça m’étonne encore à quel point j’ai pu supporter ce mur longtemps sans manquer d’air.  J’me suis mise à dire réellement ce que je pensais.  Un petit non par ci, un autre par là.  Quand j’avais peur, au lieu de serrer les dents, les mains et retenir ma respiration tout en tentant de sourire en ayant l’air calme je m’exprimais librement en disant, ouap là j’ai la chienne.

J’ai commencé à m’écouter, à ne plus me forcer à faire des choses qui dans le fond ne me tentais pas du tout.  À rire tout fort, à ne pas sourire quand j’ai pas envie, à regarder les gens dans les yeux, vraiment!  Oui j’allais froisser quelques personnes, probablement, sûrement, celles qui sont le plus confortable dans leur maudit gros château à triple forteresse…so what !

Arrêter de plaire à tout le monde et me plaire à moi en premier.  C’était et ça l’est encore, remarquable!  C’est comme si j’apprenais pour la première fois de ma vie à respirer, à marcher sans que quelqu’un me tienne la main.  C’est un sentiment tellement libérateur d’être finalement soi, sans masque, sans sourire forcée, juste moi-même.

Vous savez, le même feeling que quand tu portes une ceinture serrée pour cacher le bourrelet tant indésiré et que tu arrives à la maison le soir et que tu déboutonnes tes culottes avant de t’allonger sur le sofa pour regarder la tv ou encore enlever ta cravate à la fin de la journée, t’empêcher de péter dans une salle bondée, ne pas être capable de te gratter à la seule place dans le dos que tu ne peux atteindre, à mon avis c’est toute dans la même ligne d’idée.

En fait, c’est comme si tout à coup j’ai choisie de vivre ma vie en pyjama.  Je me promène, en mou, et je suis pas mal plus détendue.  C’est possible, c’est inévitable, qu’il y aura des gens qui n’aimeront pas mon pyjama, la couleur vont les déranger, le tissu va les froisser, le fais que j’ai l’air tellement bien dedans va les faire chier mais je suis tellement mieux que contrairement à que j’avais prévue que ça ne m’atteins plus.  Malgré l’absence de mur, le pont descendu et les portes grandes ouvertes, je suis ok.

C’est dans notre humanité qu’on se reconnaît, qu’on se comprend et qu’on arrive à interagir d’une façon beaucoup plus douce et vraie avec ceux qui nous entoure.  Dans le fond, on est tous fait pareil mais on s’entête à vouloir jouer sur nos différences.  À être le ou la meilleure quand, dans le fond, on est tous pas mal  »average ».

Depuis que j’essaie d’être la plus vraie possible, je trouve que mes amitiés sont plus solides,j’ai des gens autour de moi qui me connaissent moi et pas la femme forte surhumaine, je respire physiquement mieux, je suis plus calme et heureuse en général.

J’vous invite à essayer, la prochaine fois que vous dites oui et que vous entendez votre voix intérieure crier  »maudite folle tu aurais dû dire nooooon » ben reprenez-vous et dites vraiment non.  Un non clair, ferme, sans prétention, vous pourrez même y ajouter un petit sourire si ça vous fais sentir mieux.

En attendant que vous pourrez vous aussi vous promenez en pyjama, je vous prête bien une de mes chaussettes, vous verrez, vos talons hauts ne seront plus jamais les mêmes…

 

🙂

 

Nadz

 

 

 

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Un commentaire Ajoutez le vôtre

  1. julango dit :

    Inspirant 🙂 Ça me donne envie de « cracker open » le pont-levis ;)!

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