Panique de l’air


Quand j’suis passée proche d’y  »passer » l’année dernière, j’me suis dis…DÉJÀ!!!!!!!!

Mais j’ai rien fais de ma vie encore!!!!

J’ai toujours eu des rêves plus grands que nature.  Voyager le monde, toucher à tout, vivre des expériences inoubliables, vivre à fond quoi!  Pourtant, à bien y penser, je vivais un peu avec un pied sur le gaz et l’autre sur la  »brake ».

Ok je l’avoue, mon gros problème, je suis une peureuse.  J’ai peur de tout ou presque, je jette le blâme sur mon imagination démesurée qui amplifie tout, tout le temps, et pas toujours de façon positive.  Les scénarios qui défilent sans arrêt dans ma petite tête sont à leurs meilleurs…fous!

Ok ok, j’suis pas en train de me traiter de folle (un peu de calme) mais en fait, si j’écrirais absolument tout ce qui se passe entre mes deux oreilles, je ne ferais que ça de mes journées et j’aurais des manuscrits à ne plus savoir quoi en faire.

Maintenant que j’ai réalisé que je n’ai pas accomplie grand chose de ma  »bucket list », je ne peux vivre ma vie de la même manière que dans le passé, il faut que je fasse quelque chose pour changer le statut quo.   La prochaine fois que la vie décide que c’est terminus pour moi, fini, capoute, je veux m’entendre dire, ENFIN TABA… j’ai plus rien à vivre j’ai tout vue et je peux partir l’esprit en paix.

J’en suis alors à remplir ma demande de passeport.  Ça l’air que c’est essentiel au voyage…et c’est le premier pas officiel de mes résolutions de vie remplie.  Osti j’ai chaud, ben oui, juste à remplir ma demande de passeport j’ai les mains moites qui glissent sur le clavier.  Voyons Nadz, prends su toé

Ben oui, comme dans tout, j’ai la chienne.  Et comme dans tout, j’le fais pareil, parce que j’ai fièrement une tête de cochon sur les épaules.  C’est comme un désir pervers de toujours vouloir repousser ma zone de confort.

Alors me v’la en train de remplir cette demande pour m’ouvrir les portes du grand terrain de jeu terrestre.

J’m’imagine déjà dans mon premier vol, entrant dans l’avion, les mains moites, les jambes molles, la bouche sèche et les yeux grands comme ceux d’un chevreuil dans le milieu de la trans.   J’m’assois, probablement au mauvais siège, parce que dans mon niveau de stress avancé, j’ai mal lu ma carte d’envol.  Je me lève, les jambes encore plus flageolantes, les joues en feux de devoir m’excuser pour sortir de la rangée et part à la recherche de mon siège.

Déjà j’ai une vision de l’avion qui décolle sans que j’ai jamais trouvé mon siège maudit, à 4 pattes dans la rangée en train de crier pour ma vie.

Bon, c’est pas trop tôt, j’y arrive à ma chaise (d’exécution), je m’assois, m’attache de toutes les façons possibles, je me retiens de sortir la duck tape et de demander à mon voisin de m’en enrouler quelques tours autour du siège….juste au cas.

Je n’ai pas peur de mourir dans un crash, étonnamment, c’est le moindre de mes soucis.  Se serait certainement une mort assez rapide (parce que voyez-vous, ça aussi j’y ai pensé et de tous les angles possibles), ok je vous l’avoue j’en crierais un bon coup mais en effet, ce ne serait pas une mort qui s’éterniserait durant des heures et des heures.  Une affaire de quelques minutes et adios, elle est partie.

J’ai peur parce que dans un avion, on est pris, coincé, enfermé et y’a pas de moyen de s’en sortir sauf lorsqu’on est arrivé à destination.  Oui oui, je sais, on peut se lever et marcher dans l’allée, on peut aller aux toilettes, on peut écouter des films, mais on est tout de même  »prisonniers » de cet engin.  J’me vois mal me levé et dire,

– Bon ben, salut, j’en ai eu assez, j’vais aller prendre un peu d’air…

Il faut rester sagement  »sardiner » pendant des heures à respirer le parfum de tout ce beau monde.  Aucune épaisseur de désodorisant ne viendrait à bout de ma sudation désopilante, bref, je sentirais le calice malgré tous mes efforts de rester présentable.

J’aurais avec moi un p’tit sac pour respirer dedans, un p’tit sac pour le vomi et un autre de chaque juste  »au cas ».  Tant qu’à faire, on peut presque jouer à  »Quand je prend mon avion, je mets dans mon petit panier :

– des gravols

– du pepto bismol

– des tylenols

– des  »relaxols »

– des au secours je vire folle!

Un fois les portes étanchement fermées, on part, voilà, c’est officiel, plus de retour en arrière, prochain regain de liberté…dans 12 heures.  Tsé j’me suis dites, tant qu’à être stressé, aussi ben prendre un bon gros gras graisseux long vol à n’en plus finir.  Sadique jusqu’au bout, tu veux chier dans tes culottes ou vomir dans ta bouche, ben j’vais te donner 12 bonnes longues heures pour le faire.

Déjà, j’ai envie de pisser mais il est interdit de quitter son siège avant une éternité (5 minutes).  Mon voisin de siège qui empeste l’after-shave me regarde d’un air mi-dégoûté, mi-inquiet.  Il se demande sûrement pourquoi j’inspire et j’expire si fort.

Me semble aussi que je m’entends déjà dire le mot  »bombe » sans vraiment le vouloir.  Comme dans,

– Bombe ben j’vais aller à la toilette moi-là !

ou encore à moi de demander à mon voisin de siège

– Qu’avez-vous à me regarder le chest  »bombé »

Elle a dit le mot BOMBE, AU SECOURRRRRR la madame à dit le mot BOMBE !!!!

On peut finalement détacher nos ceintures et  »apprécier » le vol de nuit.  Je me rends à la toilette dans une sorte de transe, un  »out of body experience ».  Je m’enferme dans ce minuscule enclos.  J’me parle dans le miroir en prenant un relaxol.  Si j’m’écouterais je l’a réduirais en poudre et l’a snifferais.  Ben non, ben non, des plans que j’me retrouve avec une accusation de possession de drogue.

– Prends su toé Nadz

Je m’essuie…les dessous de bras, le front, le dessous du nez et les mains et flotte jusqu’à mon siège.

Le monsieur à mes côtés grignotes ses peanuts…j’suis allergique aux peanuts!  Bon ça y’est, j’vais mourir enflé.  J’le savais, j’le savais.  Les bras me piquent déjà et l’urticaire me remonte d’autre chose que le moral.

L’hôtesse passe allègrement dans l’allée, je lui commande de l’alcool, le plus fort au menu svp.  Elle me revient avec 2 gouttes, de quoi à peine pour me mouiller le bout de la langue.

Fuck it, c’est le temps pour le plan d’urgence.  Je retourne à la cellule (toilette) et prend une 2ième relaxol.  De retour à la mon siège, je tombe endormie comme un bébé.  Je me réveille durant l’atterrissage.

Tous ses mois d’appréhension pour finalement passer le vol à dormir….

Sur ce, j’vous laisse, je continue mon application pour mon passeport.  Ah mes nerfs….

Nadz 🙂

Merci de me lire, si vous aimez, partager!

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s