Une peau de toi


J’me demande souvent jusqu’à quel point sommes-nous tous reliés ?  Je sais indéniablement que physiquement nous prenons les traits de nos parents, j’ai les cheveux bruns de ma mère, les yeux bleus de mon père.  La peau qui bronze facilement de mon père, les tâches de rousseurs de ma mère.  C’est logique, ça s’explique.

Je pense un peu plus loin, les traits de personnalités, les souvenirs qui pourraient peut-être s’incruster.  Si nos parents sont une partie de nous, où cette partie s’arrête-elle réellement et la nôtre commence ?

Je suis tombé par hasard grâce à internet (vive la technologie!) sur une photo d’un ancêtre, je crois qu’il est mon arrière, arrière, arrière grand-père, bref ben ben ben ben loin dans mon arbre généalogique.  Une vieille photo en noir et blanc où il n’était pas encore permis de sourire et où les regards étaient plus apeurant qu’invitant.

Cet homme me regardait avec mes yeux, ne me souriait pas avec mes lèvres, sa mâchoire était la mienne et ses sourcils étrangement familiers.  La ressemblance était frappante, bref, j’aurais pu être lui me coupant les cheveux courts et enfilant un veston cravate.  Je ressemble davantage à lui qu’a tout autre membre de ma famille immédiate.

Pas besoin de vous dire que c’était tout un bel homme … hum hum! (petite tape dans le dos)

Sur le coup, j’ai presque eu peur, en tous cas, un frisson m’a parcouru l’échine.  Je me suis instantanément demandé, si nous avions les mêmes goûts, les mêmes traits de personnalités, s’il riait aussi mal que moi, s’il s’accrochait quand il marchait sans regarder où il allait, s’il aimait l’odeur de la boisson, s’il avait plus d’une femme, s’il était anxieux, fonceur, drôle, hors norme pour son époque?  Si c’était une personne positive, s’il aimait la vie?

Je me suis demandé s’il aimait lire, écrire, s’il avait eu des regrets à sa mort, s’il réalisait l’impact de sa vie sur la mienne car sans lui, plus d’un siècle passé, je ne serais pas moi, ici, en ce moment même.

Ma vie est liée à la sienne, son souffle éteint depuis longtemps se prolonge encore dans chacune de mes inspirations.  Il est moi, je suis lui.  Son prolongement de vie dans la mienne a-t-elle réussie à répondre à certaines questions qui lui étaient restées sans réponses?  Parfois je m’amuse à imaginer qu’on est pas mal plus reliés qu’on ose le croire.

Qu’un désir inassouvi se concrétise dans la vie d’un autre qui porte notre corps un peu plus loin dans l’avenir.  Qu’un souhait de dernière heure résonne encore fort dans les minutes de son prochain. Que notre voix chatouille les mots qu’on aurait tellement voulu dire.

J’aime croire qu’on apprend un peu d’eux même si on ne les croisera jamais autre que sur une vieille photo en zone grise.   Qu’on danse mieux notre vie, qu’on évolue sans répétitions multiples.

Qu’ils sont la source de notre infinie.

Nadz

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