Senteur de cubicule


Les générations précédentes, tu avais un travail, tu étais chanceux, alors tu te fermais la gueule, tu travaillais et tu allais y travailler pour le restant de tes jours jusqu’à la retraite ou si t’étais un peu moins chanceux, jusqu’à la mort avant d’atteindre la retraite.

Les rêves, c’était une affaire de retraités.  J’vais m’acheter ma corvette à ma retraite, quand j’aurai du temps je vais finalement voyager, Quand je serai à la retraite, je vais déménager à nouveau dans le pays de ma terre natale et y vivre mes vieux jours.

J’entends souvent ce genre de discussion dernièrement, et j’me dis, coudonc, est-ce qu’on est revenu dans les années tranquilles ?

Non mais tsé, la job est rare…….

Parce que voyez-vous, travailler rimait souvent avec faire des sacrifices, le lundi arrivait et on se demandait où était passé la fin de semaine.  On restait assis dans nos bureaux aux murs recouverts de tableaux cheap achetés à la chaîne où chaque toile ressemble a une autre, arborant des paysages grandioses que nous n’aurions jamais la chance d’admirer de nos yeux trop occupés à rêver d’un endroit meilleur ressemblant moins au beige de notre vie.

En plus, si tu gagnais la loto de l’ouvrage, c’est-à-dire, la grosse job avec la grosse pension et les gros bénéfices.  Ben tu t’assoyais dessus, mordais si quelqu’un osait te demander si tu aimais vraiment ça, et regardais ton ventre grossir à grand coup de grosse paies et de rêves ensevelis sous les dossiers à terminer dans des chronomètres de temps toujours plus écourtés.

Tu avais le jackpot, le gros char, la grosse cabane, le gros stress, le manque de temps pour les autres, le temps pour toi qui n’existe plus et la peur intense des coupures imminentes.  C’est parce qu’une job comme celle-là, ça court pas les rues, si tu l’a perdais, ta vie serait sûrement finie.

Tu regardes les autres tomber comme des pions à grands coups de burn out en te disant malicieusement que té pas mal fais plus tuff qu’eux autres.  Tu jalouses le gros boss en lui lichant le cul à chaque fois qu’il te demande de terminer un dossier qu’il ne veut pas faire….un jour tu l’auras sa job à lui.

Le jour arrive, tu as finalement la grosse job du boss parce que ce dernier à lui aussi  »pété au frette » mais tu te rends compte que finalement tu étais mieux avant.  Impossible de reculer, parce que maintenant, t’as encore plus une grosses paies, de plus gros avantages sociaux et qu’est-ce que les autres diraient ?  Ça se fait pas descendre une échelle, tu ne peux que continuer à monter en serrant les dents, les fesses et tout le reste.

Lundi matin arrive, tu te mets au pas, entre dans ton cubicule identique aux autres mais maintenant avec un titre de plus sur le mur capitonné, va chercher ton café à 7h15, te force à sourire et dire bonjour aux survivants, entre dans ta case, ouvre l’écran, regarde le tableau d’une belle plage avec un rayonnant couché de soleil, prends un grand souffle et débute la journée.  La pause est à 10h, le pipi à 11, le diner à midi, le repipi à 13h30, la pause à 15h, la haute pression à 16h et la sortie de prison à 17h,

J’avoue que y’a beaucoup de gens qui adorent ce genre de boulot.  C’est parfait pour eux et c’est dans ce genre de situation qu’ils excellent.  Je ne m’adresse pas à eux.  Je m’adresse à toi, qui est super extra débilement fatigué et te demande pourquoi tu continue ?

Si ta réponse se résume à quelque chose comme :

Parce que c’est une bonne job

Parce que j’ai un bon salaire

Parce que ça fait trop longtemps que je travaille pour me rendre où je suis

Parce que j’en trouverai pas une autre ailleurs

Parce que qu’est-ce que les autres vont penser

Parce que ça se fait pas lâcher une job

Parce que mon patron ne m’aimerait plus

Parce que ça va finir par passer

Parce qu’un jour je vais pouvoir me retirer et là je pourrai vraiment faire ce que je veux vraiment

Parce que j’ai pas le choix

J’t’arrête-là, écoutes-toi un peu.  Y’a absolument aucunes raisons valables dans ce que tu viens de répondre.  La retraite, bien possible que tu vas l’atteindre, ou pas, et finalement pouvoir vivre ta vie.  L’enjeu, c’est que ta vie elle est là, maintenant, elle se déroule tous les jours.

Je ne te dis pas ici de tout envoyer promener, ou peut-être que oui, si t’en a finalement le courage.  Tu vas voir, c’est comme sauter dans le vide avec un parachute que té pas certain qu’il va ouvrir.  C’est aussi reprendre ta vie en main, t’écouter, te donner la liberté de choisir.

J’te comprend si té pas encore prêt à sauter mais de grâce prends quelques petites décisions juste pour toi.  Comme des petits pas de tortue.  Tu aimes lire et aimerais dévorer un bouquin ?  Au pire inscrit-le dans ton agenda tout comme si se serait un rendez-vous important.  Samedi de 13h à 14h lecture.  Tu aimerais vivre ailleurs ?  Regarde  les opportunités d’emplois dans cette région.   Parfois, un emploi un peu moins rémunéré dans une ville qu’on adore en vaut le coup.  T’as une tonne de congé de maladie en banque, prends une journée juste pour toi.

Ahhh vous me dites que ça ne se fais pas !  Non non non, on se doit d’être au pas !

Quand avez-vous arrêtez de croire que tout était possible ?

19 ans ?

25 ans ?

35 ans ?

Il doit y avoir eu un élément déclencheur un moment donné.  Un moment où vos rêves se sont effacés, où votre vie  »adulte » plate a commencé.

J’vous mets au défi ce mois-ci (j’vous donne un mois entier, comptez-vous chanceux) de faire de quoi pour vous.  Pas pour le mari, le chum, la blonde, la femme, les parents, les enfants, le boss, les  »autres », pour vous.  Quelque chose qui ravive votre moi, vous fais sourire, aimez la vie, vous fait même sentir un peu rebelle tiens, tant qu’à faire.

En prime, partager avec moi vos bons coups dans mes commentaire ici-bas, même pas besoin d’y inscrire votre nom, vous pouvez faire ça de façon tout à fait anonyme.

Hâte de vous lire 🙂

1,2,3, GO!

Mouah

Nadz

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2 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Anonyme dit :

    Je ne sais pas ou tu trouve toutes les idees, mais sa fais du bien de les lires. Je me considere chanceux, car j,ai eu la chance de faire pas mal ce que je voulais comme travail danss la vie jusqu,a maintenant. la retraite forcer est arriver, et j,espere seulement que je pourai continuer a faire un peu de ce que je veux pour avoir une belle retraite. Faites ce que vous avez envie de faire tout au long de votre vie car sa vas encore plus vite apres cette retraite.l C,est le fun de lire ces articles, continue n,arrete surtout pas. Merci de partager ces articles..

  2. getitizy dit :

    Super article! C’est vrai, qui vit sa vie comme il l’entend et pas comme la société le veut? C’est difficile de dévier du « droit » chemin, enfin celui qui nous est imposé par les normes… Le regard des autres, la pression de la société, on ne fait pas les choses parce qu’on le veut, mais parce que « c’est comme ça »… Alors j’essaye de faire mes choix en fonction de ce qui est le plus important pour moi, et pas en fonction de ce que les autres attendent de moi!

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