Une vie salée


J’ai cette toune qui me tourne en boucle entre les deux oreilles depuis presque une demi heure et je regarde mon écran sans le voir.  Je suis ici mais ailleurs.

Des fois j’me dis que toutes ces années de maladie m’ont fucké en dedans.  Parce que tu vois, y’a des choses que je comprends maintenant, beaucoup de choses, qui me font encore plus paniquer et m’isole.

M’éloigne des autres, de toi, de l’autre.  Parce que j’ai perdu goût au superflue, que le glaçage me lève le coeur. Je cours sur place, tentant de tout faire sachant que j’me dois d’essayer tout au moins une fois avant que la saleté revienne.  Parce que j’suis totalement consciente que ceci n’est qu’un moment de répit avant l’autre vague, et que la prochaine sera peut-être fatale.

Peu savent, quand j’me suis fais opéré, j’ai rêvé.  J’étais dans les vagues, elles me berçaient, j’entendais leurs bruits, plus clairement que jamais, je me sentais libre, bien, je n’avais ni chaud ni froid, c’était bleu, transparent et le ciel était infini.

Dans le fond, peut-être qu’il y a des gens de terre et d’autre de mer.  Je suis définitivement la fille de l’eau.

J’ai envie de dire je t’aime, de faire l’amour, de danser, de rire, de tripper, d’enligner folleries après folleries, de dormir, de profiter des nuits blanches, de manger, de courir les cheveux dans le vent, de méditer la face au soleil, de me foutre de presque tout, de lire tous les livres, de voir tous les shows, d’avoir des papillons de toutes les couleurs dans le coeur.

J’vois des gens, gris, au pas comme des robots, j’ai juste le goût de leur faire réaliser la beauté de la vie, le temps qu’ils perdent à tenter d’avoir au lieu d’être.  J’sais que ça sert à rien, qu’il faut que ça viennent d’eux, de leur océan intérieur.

Mon bateau à moi flotte en eaux internationales, il n’appartient à personne, pas même à moi dans le fond, mais il se permet allègrement tout ce qui est interdit et quand il coulera enfin, il sera fini, dans le sens f…e…i…n… e… i.

Mes jambes auront marché plusieurs chemins, ma bouche aura tout dit, mes mains auront touchées à tout, mon coeur aura aimé souvent trop mais jamais assez, mes yeux auront vue le plus de moments magiques possibles.  Bref, j’vais partir et y’a rien qui sera récupérable, la vieille sera utilisée, capoute.

Mon corps sera prêt pour la dump et mon âme ira vagabonder sur d’autres océans.

 

Mouah

Nadz

 

 

 

 

 

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