Bigoudis Roses


Lundi matin de congé, j’me sens comme si j’étais petite et je prétendais un mal de ventre pour pouvoir rester couché un peu plus longtemps dans la chaleur des couvertures.  Miraculeusement, quelques heures plus tard, le dit  »mal de ventre » disparaissait et des heures de jeux remplissaient l’horaire vide.

Je pense à ma grand-mère ce matin, en fait, je pense souvent à elle depuis son départ y’a de ça presque 20 ans.  Y’a des gens qu’on oublie le visage avec le temps, même en essayant très fort de se les mémoriser, pas elle, je sens encore son odeur, j’entends encore son rire contagieux et son visage toujours veillant est gravé dans ma mémoire de façon indescriptible.

Tout me fait penser à elle, la preuve, la semaine dernière, y’avais un ravage de gastro parmi les gens du village.  Un soir, mon ventre s’est mis à faire le party, j’me suis dis, ah fuck, pas moi aussi.  Parce que, voyez vous, j’ai une maudite peur de vomir, ça me répugne, me fais sentir comme si j’vais mourir la face dans le bol à chaque fois.  Rien n’y fait, pas la petite serviette froide dans le front ni la main qui me flatte le dos.  Surtout, la main qui me flatte le dos, esti tasse-toé j’feel mal!

Finalement, pas mal plus de peur que de mal, le party était probablement plus apparenté à ma gourmandise du souper qu’à un virus de la gastroencoscroscopoute (mot inventé qui me pourrait à mon avis servir de prénom à ce virus de merde).  Anyways, tout ça m’a fait penser à ma grand-mère, n’ayez crainte, c’est pas l’éventuel shitfest qui m’a fait penser à elle mais bien le sentiment de mal de coeur.  Ouin, dis de même, ça sonne pas trop comme un compliment.

Parce que, avec les grands-mères, viennent aussi leurs recettes.  Et la mienne, pour le mal de coeur, c’était le fameux Fermentol.  Oui, oui, un médicament avec ce nom douteux, ça existe.  En plus d’être dégueu comme nom, il était d’une couleur verte.  Bref, un sirop vert forêt dans une bouteille transparente avec le nom Fermentol.  Le marketing n’était pas encore trop présent lors de l’invention de cet élixir miracle.

Si j’avais le malheur de balbutier les mots mal et coeur dans la même phrase, ma petite grand-mère, tout sourire, gambadait jusqu’à l’armoire à médicament les bigoudis au vent.

-Tiens Nadz, prends ça, j’vais te faire bouillir un peu d’eau chaude avec, tu vas voir, ça guérit toute, tu vas feeler mieux vite.  Espère j’m’en viens.

Quelques minutes plus tard, elle s’en venait au salon, me retrouver plier en deux sur le sofa à combattre les vagues de nausées.  Je zieutais la potion magique douteuse et j’me disais,

Hey, jpeux pas feeler plus mal que tout suite anyways

Alors, je buvais ça d’un trait, comme elle m’instruisait de le faire.  Pire qu’un shooter de Jägermeister, ça passait tout croche, mes yeux se remplissaient d’eau, et je disais un Mmmmm bienveillant nullement ressentit à ma mémère d’amour.

J’avais à peine le temps de compter les secondes d’une minute que j’me retrouvais dans une course digne des plus grands moments du 100 mètres olympien direction les toilettes. Cette concoction  »magique » me faisait vomir à chaque fois.  Et vomir vert, c’est encore plus weird.

Après j’me sentais toujours mieux, bref, j’étais toujours guéris dans les 60 secondes suivant l’ingestion de ce sirop de merde.  TOUJOURS

Faque, ça marche…kinda

Après quelques autres épisodes de maux de coeur dans l’année qui suivirent quand j’avais le grand bonheur de me faire  »garder » chez ma grand-maman, je compris qu’il fallait mieux se fermer la yeule et d’endurer son petit spasme bedonnal que d’oser proclamer le dit bobo.  Fuck Fermentol.

Bref, mémère, où que tu sois, je pense à toi, souvent, toujours, prends soin de toi, je t’aime, et surtout, pogne pas mal au coeur!

J’sais qu’elle adorerait me lire, parce qu’elle m’encourageait dans toutes mes folleries avec ses petits yeux rieur.  Elle se disait probablement qu’elle avait ce même côté fou fou folle mais pas le guts pour lui faire voir le jour.  Tsé quand t’as à peine 10 ans et tu écoutes du Guns and Roses dans ton petit stéréo à cassette, au boutte dans la cuisine à ta grand-mère pendant qu’elle fait sa boulange de pain hebdomadaire, et qu’elle te dis.

-Hausse le volume, c’est bon ça!  

Tu sais que t’as LA grand-mère.

Mouah

Nadz

 

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