Quiche Deluxe


Qu’est-ce que j’ai fais depuis  7h ce matin ?  J’ai mangé un bol de mini-wheats en vitesse sur le bord du comptoir de cuisine.  J’me suis ensuite dépêché à m’habiller pour aller prendre une marche de 4km dans le quartier.  Une pluie fine tombait, j’étais seule sur le trottoir, les gens dans les voitures me regardaient d’un air de chiens battus se demandant probablement qu’est-ce que je faisais là ?

Je comprends pas encore pourquoi je me dépêchais autant…mon horaire est vide.  Blanc comme neige au printemps, comme une paire de fesse qui revoit le soleil après un rude hiver.

Anyways…

les écouteurs aux oreilles, j’en ai presque oublié pendant un instant ma piètre existence.  De retour à la maison, j’ai fais quelques étirements pour tenter de décoincer mon nerf sciatique qui me fait souffrir déjà depuis quelques temps.  Le tabarnac, il se réveille toujours quand ça va mal.  Probablement pour me dire, hey la grande, ça va mal dans ta vie faque pourquoi pas te donner un petit mal de dos en bonus.  Une affaire de plus ou de moins, ma belle, qu’en dis-tu ?

Anyways…

après avoir vérifier mon facebook (fessebook) 24 000 fois, mon instagram, mon snapchat (snap la chatte), mes courriels (technologie un peu désuette mais tsé, tant qu’à perdre ton temps sur ton téléphone intelligent!),  mon mini bol de céréale était déjà loin.  J’ai eu la brillante idée de me faire une bonne quiche aux légumes.  Qui n’a pas besoin d’une bonne quiche aux légumes à 10h un jeudi matin ?

Évidemment, une fois l’idée bien établie dans ma petite tête procrastineuse, je me rends sottement compte du manque d’ingrédients nécessaires pour faire de moi une Ricardette en ce matin pluvieux.  Calice, maintenant pu le choix d’aller à l’épicerie esti!

Anyways…

enfile à nouveau mes sneakers trempent, attrape ma sacoche, mon cell (mon deuxième moi), mes clés, mon foulard, bref j’ai quasiment besoin d’emporter ma valise au supermarché calice, je sors de la maison.  Démarre la voiture, resors de la voiture, barre la porte de la maison, chose non négligeable que j’avais oublié d’accomplir dans le brouhaha de préparation de mission à l’aventure d’achat d’une pinte de lait au supermarché.  Aumoins j’me félicite de ne pas avoir besoin de me poupouner pour y aller, parce que là je mangerais ma quiche pour le souper.  Y’a toujours de bons côtés à tout!

Bon, où j’en suis avec tout ça…ah oui, faque j’men vais à l’épicerie.  Une fois là, j’me dis, tant qu’à être ici, j’suis aussi bien m’acheter touuuuuutes les autres choses dont j’ai besoin pour satisfaire ma faim incommensurable, 1 heure plus tard et un trou dans le compte en banque, je sors béatement en gambadant jusqu’à la voiture avec mon panier débordant de choses qui finiront sans contredis dans la poubelle d’ici une semaine.

De retour à la maison, me sentant dans une forme exceptionnelle, j’me fais un petit café et commence la préparation d’ingrédients pour l’esti de quiche.  Ma tête, qui fonctionne toujours pour rien, se dit, well, tant qu’à en faire une, pourquoi pas en faire deux.  Deux pour une esti, deux pour une, au yiable les dépense, je fais de la quiche.  5 oeufs, 10 asperges, 1 tomates, une coupelle de tranches de fromages pis le lait de l’épicerie qui me manquait, plus tard, voici que la maison se remplie de l’odeur de deux quiches pour une dans le fourneau.  Finalement j’suis pas mal fière de moi.

Anyways…

quoi faire d’autre, au lieu d’écrire ?  Parce que dans le fond c’est ça l’esti de problème.  Je fais tout pour pas écrire, TOUT!  J’avoue ça peut être pratique de faire du ménage, récurer la toilette à la brosse à dent, classer ses souliers en ordre de couleur, se taper deux, trois lunch sur le bord du comptoir, faire une petite demi-heure de yoga, décider que l’intérieur de ses armoires est en désordre et que c’est grand temps pour le ménage du printemps avant que l’été se pointe le bout du nez.  Y’a aussi l’entier jardin à planter, les fleurs à désherber, les carreaux du plancher à compter, le lit à faire et défaire, les cennes noires à rouler, l’agenda à vérifier, le facebook à reloader……TABARNAAAAAAAAC!!!!

Le pire durant tout ce temps-là c’est que je continue à écrire, tout le temps, pas sur une feuille de papier, pas dans un carnet, pas sur un morceau de napkin à la Harry Potter, même pas sur un morceau de Cotonnelle crisse.  Nope.  J’écris dans ma tête mes amis.  Toujours, à l’infini, sans arrêt, y’a des pensées qui sautent en crisse là-dedans, et je les enferment en faisant tout sauf les écrirent.  C’est comme si j’me punis volontairement.  J’aime ça ruff I guess.  J’me dis, ah oui, ceci ferait un bon début de roman, cela vaudrait la peine que j’élabore, s’te phrase icitte est winner en TA.  Mais j’écris rien, ou presque, parce que j’me dis un jour j’aurai le temps, quand je serai plus vieille les gens me prendront plus au sérieux, what if que je l’ai pas ?

Que je ne sais pas écrire depuis toujours mais que je me fais croire que j’ai un don extraordinaire.  Comme ceux et celles qui vont à La Voix et chantent comme des oies en chaleur tout en se faisant regarder par leur mère en admiration devant un tel vacarme!  Pourtant, je veux écrire, je tourne pas en rond comme une poule pas de tête pour rien, c’est l’écriture qui me rend folle de ménage, de cuisine, de classage exponentiel.  C’est toute la faute à l’écriture ce qui m’arrive.

Anyways…

tout suite, en ce moment même, live de ma table de cuisine, j’viens de prendre ma dernière gorgée de café, pis là, au lieu de me concentrer à inventer une histoire qui pourrait se vendre à des millions d’exemplaires avec laquelle je pourrais passer le reste de ma vie à rien faire sur le bord d’une plage à angoisser pouquoi je suis une one hit wonder, je me force, littéralement, je me force mentalement et physiquement à ne pas me lever de ma chaise pour m’en préparer un autre.  Un café avec un peu de sucre et beaucoup trop de lait que je siroterai en me répétant sans cesse, écriiiis, écriiiiis, retourne t’asseoir et écris.  Il ne faut pas que j’abdicte, parce que je sais maudiment bien que si j’ai le malheur de me lever d’ici, ça va recommencer.  J’vais pogner l’envie de mijoter d’autres quiches, de faire d’autre ménage, de texter avec mes amis virtuels qui ont de la misère à me dire allo en personne, de réarranger les coussins du sofa, d’épousseter tout mes cossins inutiles qui sont juste là pour accumuler de la poussière.

Pourquoi j’me fais ça ? Yé même pas encore midi!  Pourquoi j’peux pas rester assise sagement à écrire, le visage dans une expression béat, les doigts flottant sur le clavier en quête des plus grandes aventures ?  Parce que la procrastination à bien meilleure goût les amis, ben oui, pis tout suite la procrastination elle goûte un autre café avec un morceau de quiche.

Adios

Mouah

Nadz

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