L’été de mes 10 ans


J’ai toujours détesté les corneilles, oiseaux de malheur par excellence, tristesse volante. Leurs croassements me donnent incontestablement la chair de poule.  On a tous nos petites superstitions bizarres, parce qu’une superstition cool et l’fun, je ne crois pas que ça existe.  Alors, on en discute pas vraiment mais on ressent tous, intérieurement et chacun à notre façon, différents degrés superficiels d’émotions et de croyances  insensés.

Hier matin, après une nuit blanchement noire, j’suis allée marcher seule un instant sur un bout de plage en regardant notre magnifique soleil se lever.  L’air marin vivifiant me réveillait agréablement l’esprit et ma bouche goûtait un peu le sel et beaucoup de lui.  Je me sentais heureuse et seule au monde malgré mes valeureux amis au loin qui continuaient à célébrer intensément j’sais pas trop quoi ni pourquoi mais n’est-ce pas ça la vie ?

Les goélands, omniprésents gardiens de bord de mer, flottaient dans le ciel de l’aurore.  Je pensais en mon fort intérieur, toutes sortes de choses, certaines que je peux écrire ici, d’autres pas.  Je pensais à ces moments volés dans toute leur beauté.  Je pensais à ma chance d’être là parmi tout ça.  J’avais le sourire stampé dans la face et le bonheur dans le coeur.

Pour un instant, le temps suspendu, j’inspirais et remerciais j’sais pas trop qui, ni pourquoi, mais ma grand-mère m’a toujours dit que c’était important de dire merci. Ils ont noirci un coin de ma vision, les calvert de corbeaux.  Salissant le parfait tableau de ce moment inattendu de volupté.  Leurs croassements de l’enfer enterrèrent le bruit des vagues et les battements de mon coeur.  Ils étaient 5 qui survolaient ma tête obsessive.

Ce moment me transporta à ce matin vaporeux, de ça y’a 19 ans, où té parti en me laissant avec mes cauchemars.  Se réveiller à l’aurore, avec un cri persistant pendant des heures de corneille à ma fenêtre se mêlant aux pleurs distants d’une mère qui vient de perdre sa mère, ça te fou une vie à l’envers.

Hier matin, j’pense que té revenu me voir, à travers elle, Madame la corneille.  J’sais, c’est fou d’y penser, mais un moment comme celui-là, je sais que c’est toi.  Pendant qu’elles survolaient mon ciel, tu t’es posée, à mes pieds, pis on s’est regardé.  Toi en plume et moi en chair.  Toi au ciel et moi les deux pieds sur terre.  Mes mains tremblent sur les lettres du clavier juste à repenser.  J’me suis accroupie, à tes côtés, et j’ai tendue la main, les frissons dans le dos.  Té venu, tu l’as effleuré, être sauvage un instant apprivoisé, pis té reparti à petits pas avant d’ouvrir grandes tes ailes.

Y’a pas grand monde qui ont touché ma vie comme tu l’a fais, j’voulais te le dire.  Te dire aussi que j’suis ok même si des fois ça feel pas fort.  Merci pour ta première visite depuis que té parti y’a déjà longtemps.  J’étais une femme en devenir maintenant, je suis, tout simplement.

J’ai virée le dos à la mer…la grande mer… pis j’suis allée retrouver mes amis qui n’en finissaient plus de fêter. J’me suis dit, si ça continue, je vais prendre 10 ans en un été.  J’suis retournée à ma vie, que je m’efforce de vivre à fond, même si ça me tentes pas tout le temps.  J’suis retournée à eux en t’emportant avec moi.  Tu m’as fais aimer les oiseaux, et j’regarderai le ciel en tentant de continuer à y voir un peu de toi.

J’t’aime tsé

Mouah

Nadz

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