Vie littéraire


 

Cet après-midi, une maison de mon quartier est partie en fumée.  Gone, capoute, feni, des années éventées en moins de quelques minutes.  Des heures et des heures de travail acharnées, entrecoupées de moment d’overtime, de nuit blanche à stresser, d’agenda surpeuplée, de lunch manger sur le pouce du bout des doigts le cul sur le coin du comptoir, des fins de soirées aussi le cul sur le comptoir.

Tout ça pour finir en généreux feu de camp, même trop gros pour manger des guimauves.  Ça te remet les idées de grandeur en place.  Et les amitiés, les amours et les passions au premier rang.

Pis encore…

Parce que vois-tu, tout se perd.  Plate en esti hein!

Pas juste le matériel, évidement, parce que, ça prend juste une petite étincelle pour tout allumer.  Les corps aussi, inévitablement, le déclin humain c’est la réalité.

Ben oui, à la fin, on crève toute la gang esti!

Pas besoin de preview cinématographique pour ça.

The End

Mais on ne se perd jamais parmi tout ça.  Sauf quelques occasions inespérées où on perd la tête, le souffle, les culottes pis au yiable les dépenses.

J’vous avouerais que ma pire peur, n’est pas de perdre mes biens matériels, mon linge ou même, au risque d’avoir l’air masochiste (sortez les fouettes) les gens autour de moi.  Ma pire de pire peur, c’est de perdre ma capacité d’écrire.

Parce que parmi tout ça, c’est la seule et unique chose qui me permet de respirer, qui me donne les vertiges nécessaires à continuer, qui me défoule pour ne pas imploser.  C’est ce qui m’a toujours habité, peu importe l’endroit, les gens autour de moi, ma condition financière, l’état de ma santé parfois précaire.  C’est là en moi, ça vie en quelques part niché tout près de mon coeur.  Parfois, ça part un instant, ailleurs, j’sais pas trop où, mais ça revient toujours, me donner des sueurs.

En fait, perdre ma capacité d’écrire, serait en quelque sorte, ma petite mort. 

J’essaie de me rappeler un temps où cette sensation ne respirait pas entre mes côtes et j’vous avoue que ça toujours été là.  Présent observateur de tous mes faits et gestes, fidèle instigateur de mes émotions rocambolesques.  Parce que, voyez-vous, un cerveau d’écrivain ce n’est pas brancher sur du courant électrique traditionnel.  J’écris partout, même sans mes armes de papiers et mes missiles de plomb.

Les mots se suivent, les lettres s’accrochent partout, dans la douche, dans l’auto durant les moments qu’on oublie qu’on sillonne les routes avec un volant entre les mains, en écoutant mes amis raconter leurs péripéties, le matin avec le café à la main, même la nuit, les phrases me réveillent ou s’infiltrent rêveusement dans le cycle de mon sommeil littéraire.

Tout devient chapitre premier, les beaux hommes, des figurants n’attendant que le premier rôle, et la vie continue et les pages s’écrivent d’elles-mêmes.  J’ai toujours un pied ici et la tête ailleurs.  Une parole ici et un mot ailleurs.  Un sourire ici et une pensée ailleurs.  Un morceau de coeur ici et l’autre partie avec le tien.

Un jour je serai vieille, plus vieille qu’ici, moins vieille que toi.  Parce qu’à l’intérieur, les histoires respireront encore, les mots seront encore forts, les sensations les mêmes qu’à vingt ans.  Parce qu’écrire c’est moi, c’est l’essence même du picotement du bout de mes doigts et le battement qui accompagne pas à pas mon coeur.  

Nadz

 

 

 

 

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