Blancheur mentale


Les étiquettes me lèvent le coeur.  Feuilles mortes attachées sur des piliers sans sèves.  Pendant les jours de grands vents, j’les vois me faire des vagues, et j’attends, impatiemment qu’elles tombent.

J’essaie d’en porter le moins possibles.  Parce qu’elles m’étouffent, me donnent du poids adopté, me font glisser dans le fond des penderies au lieu de me faire voler dans les prairies.

Esti j’aime ça quand les images forment des mots, quand les blancheurs mentales deviennent presque des réalités, alignées étroitement sur des plateaux dorés.

J’essaie encore de comprendre pourquoi les humains se parent vaillamment d’étiquettes.  Elles contrastent avec le soleil, s’abreuvent de misère et repoussent l’apesanteur.  Elles assèchent les cœurs qui pourraient battre à deux, les nuits qui pourraient devenir des jours, les instants qui pourrait s’éterniser.

En pleine noirceur, quand l’horloge battait au ralentie, j’en ai trouvée une…perdue dans tes cheveux…et j’ai sursauté, par crainte de te voir me regarder froidement.  Pupilles vides de moi en attente d’une autre vente en spéciale, aux aguets d’une autre paire d’étiquettes.

Continue à te pendre avec tes étiquettes, caresses-les malicieusement de tes mains moites.  J’attendrai plus, je les ai arrachées hier soir, une par une, il m’aime, il m’aime plus.

Le feu qui m’habite est plus fort que ta blanche réalité.

 

Nadz

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s