Des mots perdus


Ça fait des mois que j’écris en anglais.  Sur des morceaux de papiers éparpillés ici et là dans mon appartement urbain.  Ça fait des mois que je vis complètement immergé dans la langue de Shakespeare.

Cette langue battante ennemie de la rebelle française.  L’une sévère et droite, telle une petite soldate, saccadée comme un souffle coupé.  L’autre, langoureuse, nuancée, parsemé d’accents et de pieds de nez.

Les deux tentant tant bien que mal de vivre en colocation dans ma tête déjà beaucoup trop saturée.   Les deux tentant de danser un beau grand slow collé (thanks Eric L.)

Alors j’me promène dans mon appart, et je marche parmi les feuilles mortes de mots éparpillés dans le plancher de ma forêt désenchantée.  Et j’hésite, à partager cette autre partie cachée de moi à qui passe dans les rues de ma réalité.

Cette partie réprimée à chaque sortie printanière, cette sève qui coule depuis le début des temps dans mes veines sucrées.

Alors, je persiste à ramasser les feuilles mortes, j’en fais des amas, ici et là, souhaitant que le vent ne les emportent pas trop loin de mon coeur, priant pour qu’elles ne perdent pas de leurs couleurs croustillantes.

Pourtant, le partage ne m’a jamais effrayé.  Mais celles-ci je les garde précieusement emmitouflées dans les replis de mes draps fraîchement pressés.

 

Mouah

Nadz

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