Histoire perdue


Tout le monde a son histoire.  C’est facile de juger.  Il était là depuis tout ce temps et je ne l’ai jamais vu pour qui il était.  Je ne le mérite pas dans ma vie, je ne sais pas quoi faire pour lui faire voir que je suis autant là pour lui qu’il est là pour moi.

J’entends la douche couler, l’eau chaude enveloppant son corps encore chaud du mien à ses côtés.  L’appartement se réveille aux lueurs solaires.  Je suis bien ici, je suis chez moi avec lui.  Peut-être pour ça que j’ai tellement pleuré dans ses bras une fois la nuit tombée et les rideaux tirés.  Parce qu’il me connait, parce qu’il sait, parce que moi aussi j’ai été là pour lui.

Je me suis toujours entourés d’hommes de carrières, médecins, entrepreneurs émérites, avocats, ingénieurs, philanthropes, athlètes professionnels.   Les portants selon les saisons de mon coeur, les agençant avec mon dernier sac à main.  Je me protège en aimant peu, en embrassant les yeux ouverts, en ne passant jamais la nuit.

Lui, je l’appelle la nuit, peu importe où je suis, je dors dans son lit.

J’aime l’odeur de son cou mélangé à celle du café le matin.

J’essaie de comprendre les détours de mon corps.  Je me sauve de l’amour quand tout ce que je veux c’est exactement ça.  Je joue un jeu qui ne se gagne pas.  J’aime ceux qui ne m’aiment pas.

Du sur place amoureux.

Si je prendrais le temps de m’arrêter, je réaliserais bien que tout ce que je cours après me fait totalement perdre mon temps.

Si tout ce temps perdu serait canalisé ailleurs, je ferais des miracles.

Est-ce que c’est trop demander que de se sentir aimé?

Je crois que ma vie tente de me faire comprendre que oui.  On vit pour apprendre, qui on est, qui nous sommes, qui vous êtes, qui ils sont.  Je suis en pleine tempête existentielle.  Probablement la pire et la meilleure de ma sphère.  J’avais, j’ai toujours eu peur d’être seule.  De finir le marathon, de franchir la ligne d’arrivée et n’avoir pas de main à tenir dans la mienne.  Je tremble de l’intérieur et mes doigts tremblent sur le clavier.

J’ai peur.

Tellement peur.

Je me suis perdue dans le labyrinthe de l’amour.  Des illusions qu’on s’efforce de vivre.

Je sais que je suis seule en ce moment parce que je dois l’être.  Pour apprendre, pour grandir, pour m’épanouir, pour vivre.  Je dois regarder la solitude droite dans les yeux et pouvoir lui sourire et l’aimer comme j’aimerais tellement être aimé.  Il n’y a plus de détours, plus de routes secondaires, je suis à l’évidence du cul de sac amoureux.

Solitaire, je m’y retrouve, et malgré le vent qui souffle beaucoup trop fort, je dois y rester et laisser tomber la pluie sur mon coeur.

Et pleurer, et maudire, et avoir peur et y rester, avec elle.

Trembler de peur et y rester.

Parce que je sais que c’est la seule façon que je n’aurai plus peur.

C’est l’heure du duel.  Je dois y faire face……..seule.

Je l’entends siffler dans la douche, je m’entends pleurer dans son lit.

Il est plus grand que nature cet homme.  Certainement plus grand que je ne le serai jamais.  J’ai découvert ses livres ce matin, je ne savais même pas qu’il lisait.  Je me suis rendue compte que je ne le connais pas, malgré que je connais son souffle dans mes cheveux, je connais son visage quand il dort, je reconnais sa démarche dans une foule, je goûte encore sa bouche sur la mienne, des années d’échanges sur l’oreiller sans confidences autres que celles la nuit tombée.

Je porte encore les même vêtements que hier, il m’a bordé et tenu dans ses bras jusqu’à ce que mes larmes cessent et qu’il puisse m’échanger avec Morphé.  Il savait que je n’étais pas là pour son corps cette fois mais parce que j’avais besoin d’un humain qui me berce.  Je ne le remercierai jamais assez pour ce geste.  Il n’y a pas d’argent qui peut acheter les bras d’un ami qui te voit tomber et te tient sans juger.

Merci

Pour la première fois, je réalise tout ce qu’il est.   Je l’ai toujours pris pour acquis, maintenant je sais qu’il est bien plus, qu’un ami comme lui ça ne court pas les rues.

Je ne peux le regarder dans les yeux ce matin après la nuit dernière, il y a de ces moments où la vie change, j’en ai vécu un hier, avec lui.  Je n’ai jamais été autant vulnérable, je me sens nue même si je suis complètement vêtue.

Je lui écris un petit mot, que je laisse dans un chapitre du livre à son chevet.  Je ferme doucement la porte et descends les étages de la réalité.  Je sais qu’un jour il tournera la page.  J’espère que moi aussi je tournerai la mienne.  C’est difficile, mais j’y arrive, un pas à la fois, un mot à la fois, une nuit à la fois.

Seule

Je suis seule

Tout le monde a son histoire.

C’est le temps que j’écrive la mienne.

Il était une fois…

Mouah

Nadz

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